Après une reconversion professionnelle, Stéphanie Nicolet a créé son élevage caprin à Morlac, dans la ferme exploitée par sa famille depuis plusieurs générations, un ensemble architectural remarquable en bord de forêt. Réalisée sous la supervision des Bâtiments de France, la construction de sa chèvrerie a pris place dans un format contraint, sur l’emplacement d’une ancienne étable. En harmonie avec ce patrimoine à la fois architectural et naturel, le bâtiment en bois est conçu pour rassembler en un même lieu l’élevage, la traite, la transformation fromagère et la vente directe. Offrant un environnement sain sur les plans thermique, acoustique et hygrométrique, il se distingue par le soin apporté au confort d’été, avec une hauteur sous toiture généreuse, un faîtage ouvert et de grandes ouvertures assurant luminosité et ventilation continue, sans courant d’air ni surchauffe. L’abri idéal pour les 80 chèvres du troupeau.

Mesurant 12,5 m de large sur 40,4 m de long, la chèvrerie bipente organise son fonctionnement autour d’un grand couloir central qui facilite la circulation et la distribution de l’alimentation. D’un côté, l’aire paillée accueille le troupeau de chèvres en lactation. De l’autre, un bloc technique regroupe le quai, la salle de traite 2 x 6 postes (accessible par une aire d’attente), le laboratoire de transformation fromagère et une boutique de vente directe, à laquelle les clients peuvent accéder directement par le pignon du bâtiment.

Le bâtiment bénéficie des qualités naturelles du bois, qui contribuent à réguler l’hygrométrie et créer une ambiance propice au bien-être des animaux. Sa conception favorise l’optimisation de l’aération et la luminosité : hauteur libre élevée à 3,50 m (versus 3 m en règle générale dans ce type de bâtiment) afin d’augmenter le volume d’air disponible, faîtage ouvert évacuant l’air chaud par une cheminée, portes enroulables en filet et panneaux translucides perforés en façade. La toiture, conçue pour recevoir prochainement des panneaux photovoltaïques, doit permettre à l’éleveuse de tendre vers l’autoconsommation énergétique.

Dimensionnée pour supporter la charge des futurs panneaux solaires, la charpente du bâtiment s’appuie sur des poteaux en douglas et des fermes en épicéa. Elle est couverte d’un bac acier isolé, compatible avec l’installation photovoltaïque, et complétée d’un bardage en épicéa traité autoclave. Les chèvres étant sensibles aux courants d’air, il est posé à la suédoise, en juxtaposant les lames pour occulter le passage de l’air. La régulation thermique repose sur des filets brise-vent et des rideaux commandés par des capteurs extérieurs sensibles à l’humidité, qui ferment automatiquement les ouvertures en cas de pluie, avec un système de manivelles pour les actionner manuellement en cas de coupure de courant.

Côté salle de traite, un récupérateur de chaleur installé sur le moteur du tank à lait réinjecte les calories dans un ballon d’eau chaude de 1 000 litres utilisé par la laiterie et la fromagerie, tout en abaissant la température ambiante de la pièce. Le sol en résine, facilement lessivable, complète cet aménagement pensé pour le confort de travail.